Le balancier du marché immobilier

Marché de vendeurs, marché d’acheteurs, mais de quoi parle-t-on? Un marché est en équilibre lorsque vendeurs et acheteurs sont sur un pied d’égalité sur le plan du pouvoir de négociation. Généralement, on parle d’équilibre dans la revente de résidences existantes lorsqu’il y a entre 8 et 10 propriétés à vendre pour chaque acheteur.

Le marché est à l’avantage du vendeur lorsque ce ratio est inférieur, par exemple, cinq propriétés pour un acheteur. Un nombre moindre de propriétés à vendre signifie un moindre choix pour l’acheteur. Sur les cinq propriétés, il peut y avoir deux condos, deux bungalows et un jumelé. Si c’est le jumelé qui intéresse notre acheteur, il devra forcément payer rapidement le prix demandé, et même renchérir lorsque le marché est fortement en faveur des vendeurs, avant qu’un autre acheteur tout aussi intéressé se présente.

À l’inverse, s’il y a 15 propriétés à vendre pour un acheteur, il y aura peut-être trois ou quatre jumelés disponibles. L’acheteur aura le choix. Ce sera au vendeur de céder du terrain s’il veut trouver preneur avant les autres vendeurs.

Le marché immobilier est constamment à la recherche d’un équilibre entre l’offre et la demande. Lorsque l’offre ne répond pas adéquatement à la demande, la construction neuve prend de l’importance. Toutes ces constructions neuves se retrouveront tôt ou tard sur le marché de la revente, poussant le ratio vendeurs/acheteurs vers un point d’équilibre ou à l’avantage des acheteurs.

Ce rebond dans la construction neuve se fait sentir sur la maison jumelée en rangée et la copropriété, lesquelles ont la cote.  » La hausse des prix des maisons limite l’accès à la propriété pour les premiers acheteurs et ce type de résidences demeure relativement abordable « , explique Bertrand Recher, analyste principal de marché à la SCHL.

Un facteur explique en bonne partie le mouvement de balancier qui a favorisé les vendeurs au cours de la dernière décennie : des taux d’intérêt ridiculement bas. Le mouvement a atteint un point culminant au tournant de 2009 et de 2010, mais cette fois en raison d’une possible hausse des taux qui ne s’est pas produite.  » À la fin de 2009, souligne Bertrand Recher, bien des premiers acheteurs, anticipant une hausse des taux d’intérêt, ont déferlé sur le marché.  »

La vague a ainsi conféré un certain avantage aux vendeurs, mais elle s’estompe.  » On sent que les gens qui pouvaient acheter l’ont fait « , remarque Sylvie Champagne, courtier immobilier au Groupe Champagne Lamontagne, à Québec. À Montréal, les acheteurs sont aussi passés à l’action.  » Il y a moins de propriétés intéressantes sur le marché depuis quelques mois et elles sont toujours à des prix élevés « , reconnaît Robert Charron, un courtier montréalais affilié au Groupe Sutton-Immobilier.

Gilles Drouin . A+ . 08-07-2011

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